Toute pratique sociale se déroule sur un arrière-plan, un ensemble d'éléments nécessaires à l'organisation de la pratique qui sont "vus mais pas remarqués". Ainsi le parkour est généralement une activité organisée en tour par tour, et pourtant à ma connaissance cela n'est discuté nulle part. Ce n'est ni mentionné par les pratiquants, ni analysé dans la littérature académique. Je vous propose donc d'analyser ce que vous avez peut-être vu, mais pas forcément remarqué.
Une bonne partie de la littérature académique sur le parkour en fait une lecture symbolique et abstraite. Il s'agit d'interpréter le parkour, d'en donner le sens, plutôt que de décrire ou d'analyser finement la pratique concrète in situ[1]. Je trouve ça tout à fait désolant. Déjà parce que cela expose à un risque élevé de surinterpétation, comme dans le cas du risible article de Macs Smith que j'avais décortiqué ici.
C'est également étrange de traiter une activité physique comme le parkour en évacuant le plus rapidement possible les corps et l'environnement matériel. On reste au niveau du discours plutôt que de décrire et analyser la pratique. Dans le pire des cas, le décalage entre le discours et la pratique est suffisant pour rendre l'analyse complètement à côté de la plaque. Dans tous les cas, cela conduit inévitablement à négliger l'arrière-plan qui n'est pas thématisé par les membres.
Ainsi, j'ai remarqué en 2017, à partir de l'observation directe et de l'analyse de vidéos d'entrainement, que le parkour était généralement organisé en tour par tour en fonction d'espaces attentionnels. Tant d'années plus tard, il me semble que cela n'a jamais été discuté ailleurs. Je reprend donc ici certains éléments tirés notamment de mon mémoire.
Espace d'attentionnels et tour par tour #
Lorsque des traceurs arrivent sur un espace de pratique (un spot), ils orientent leur attention sur certains objets pertinents pour la pratique (des "obstacles"). Dès que plusieurs pratiquants souhaitent utiliser les mêmes obstacles ou que les trajectoires risquent de se croiser, tout traceur voulant agir doit observer ce que les autres font, ne serait-ce que pour éviter les collisions. Cela constitue ce que Bernard Conein appelle des "espaces attentionnels"[2]. La pratique dans ces espaces est conditionnée par l'attention que les traceurs portent aux objets pertinents pour leur action de même qu'aux individus dont les actions s'orientent sur les mêmes objets. Même si les traceurs utilisent ces objets de manière différente, ils manifestent une action conjointe, c’est-à-dire une action "basée sur l’attention partagée et sur une vision coorientée par un objet"[3].
Dans un espace attentionnel, les traceurs doivent se coordonner pour que chacun puisse faire des tentatives de mouvement, si possible sans être gêné par les autres. Dans mes observations, cela prend systématiquement la forme d'une activité organisée en tour par tour, de manière analogue à la conversation telle qu'analysée par Sacks et al.[4].
Dans un article fondateur de l’analyse conversationnelle, ils définissent un système capturant les "propriétés générales les plus importantes de la conversation". En bref, ils examinent les règles générales qui opèrent pour organiser les transitions que sont chaque prise de parole. Selon eux, il y aurait dans les locutions des unités-types, les unités constructionnelles de tour (UCT; p.ex. une phrase), qui définissent à quel moment il est propice d’essayer de faire une transition, en donnant ou en prenant le tour de parole. Les UCT ont pour propriété d'être prévisibles, ce qui permet aux locuteurs de se projeter, prévoyant la fin pour se préparer à prendre la parole, voire même d'anticiper au point de commencer à parler juste avant la fin de l’UCT. L’organisation même de la conversation induirait donc une motivation intrinsèque à l’écoute, étant donné que tout individu qui veut parler doit d’abord écouter pour savoir si et quand il peut entrer dans la conversation. Il existe également des dispositifs d'entrée de tour (turn-entry device) ou amorces (pre-start) qui sont autant de signes que quelqu'un se prépare à parler (p.ex. s'éclaircir la voix).
En 2015, des chercheurs ont utilisé ce modèle pour décrire comment les skateurs s'organisent pour entrer dans un bowl[5]. Il se trouve qu'il est également parfait pour analyser le parkour. Pour alléger la lecture, ma propre version du modèle est donnée en fin d'article.
Pour faire court, les traceurs "bougent" de manière alternée, chacun à son tour, pendant que les autres prennent le rôle d'observateur. La coordination est implicite est autogérée. L’ordre des tours n’est pas fixé, et il ne s’agit pas nécessairement de faire la queue. En général, les traceurs s’autosélectionnent pour prendre le tour. La distribution semble cependant relativement égalitaire, car les traceurs montrent un respect pour l’envie des autres de participer. Un traceur qui a fini son "tour" se met en retrait pour laisser place au suivant et éviter de monopoliser l’espace.
Selon la situation, les UCT pertinentes peuvent être un trick/mouvement, un enchaînement, ou un "challenge". Il est ainsi possible d'anticiper la fin d'un tour, soit en prévoyant le succès, soit en prévoyant le moment où le traceur précédent a une probabilité élevée de "rater", laissant généralement la place à autrui avant de retenter sa chance.
Les traceurs donnent des amorces pour indiquer qu'ils vont s'élancer, permettant aux autres de rester en retrait et ainsi de diminuer la probabilité d'empiètement et de collision. Ces amorces sont corporelles: s’orienter en direction de l’obstacle, fixer le regard sur la trajectoire, s’immobiliser, se préparer à l’élan (pencher le corps en avant, plier les jambes…) et autres signes révélant la concentration ou la nervosité (réguler la respiration, s’essuyer les semelles, se frotter les mains, balancer d’un pied à l’autre…). Généralement, celui qui amorce au moment de la transition prend le tour, et les autres laissent faire.
Finalement, on peut noter que plusieurs espaces attentionnels peuvent coexister: par exemple une zone du spot utilisée pour faire des passemurailles tandis qu'une autre est dédiée à faire des passements. Ces deux zones auront alors chacune leur propre organisation en tour par tour. Un traceur qui voudrait utiliser les deux zones devrait alors s'immiscer dans les deux prises de tour, ce qui dans mes observations peut arriver mais nécessite de communiquer verbalement ou utiliser un guetteur (qui bloque la prise de tour des autres).
Tout ceci fait que bien qu'étant considéré comme une pratique "individuelle", elle est de fait structurée collectivement. Le parkour nécessite un effort continu de coordination, et les espaces attentionnels créés rassemblent les propriétés mêmes d’une interaction sociale:
"un foyer visuel et attentionnel commun, une disponibilité mutuelle à la communication verbale, une intense pertinence mutuelle des actes de chacun, un contact visuel qui maximise la possibilité pour chaque participant de percevoir le contrôle de l'attention provenant de l'autre"[6]
Ce que permet le modèle #
Décrire le parkour ainsi me semble extrêmement efficace pour mettre en évidence des propriétés intéressantes.
Dans une conversation, l'organisation en tour par tour permet d'assurer qu'il y a bien une conversation, et pas une multitude de discussions éclatées. Dans le même temps, cela induit la nécessité intrinsèque de l'écoute, afin de savoir si et quand on peut prendre son tour de parole.
Les mêmes propriétés sont à l'oeuvre dans le parkour: les traceurs sont focalisés sur une seule ligne d'actions successives. Celui qui veut agir doit observer les actions d'autrui; celui qui agit s'expose au regard des autres. Cela constitue un public de pairs qui s'observent, se jugent, se comparent, commentent puis tentent de reproduire ou d'ajouter à la performance des autres. J'y vois un mécanisme inhérent favorisant l'apprentissage, puisqu'observer favorise l'imitation et qu'être observé favorise le feedback externe.
On peut utiliser le modèle pour comparer le parkour à d'autres pratiques. Par exemple, il y a des similarités mais également des différences entre le parkour et la prise de tour pour entrer dans le bowl en skate. Ainsi il semble que ce que fait un skateur a peu d'influence sur ce que fait le suivant [7], contrairement à ce que j'ai pu observer dans le parkour. En creusant un peu la comparaison, on peut sans doute mettre en avant des caractéristiques saillantes des deux activités. Peut-être que dans les situations que j'ai observées, l'environnement est moins standardisé que le bowl, et qu'au travers des tentatives successives les traceurs y découvrent de nouvelles affordances, qu'ils se mettent à exploiter.
On peut également étudier l'économie et la distribution de la prise de tour, ce qui à mon avis permet d'analyser les relations entre pratiquants (jusqu'à des rapports de pouvoir) et les relations des pratiquants à l'activité. Prendre le tour signifie mettre à l'épreuve ses compétences. Certains pourraient préférer ne pas les mettre à l'épreuve pour éviter d'être disqualifiés, comme lorsqu'un élève évite à tout prix de se voir donner la parole lorsqu'il n'a pas révisé. D'autres peuvent vouloir monopoliser l'espace. Quels sont les facteurs faisant que la distribution est égalitaire ou non ? On peut penser à des caractéristiques sociales (genre, classe, race, âge), l'hétérogénité de niveau du groupe, mais aussi des caractéristiques de l'environnement (si l'espace ne permet qu'un seul type de mouvement, la comparaison est plus directe et transparente par rapport à un espace qui peut être investi de différentes manières).
Les mécanismes d'autorégulation de la prise de tour sont également dignes d'intérêt. Les pratiquants qui lisent ceci ont sans doute pensé rapidement aux cas fréquents où des débutants ou des passants se trouvent dans la trajectoire d'un traceur sans s'en rendre compte. La marque la plus évidente du non-initié est l'incapacité de percevoir ou comprendre les signes qui permettent d'éviter ce genre de faux pas. Il lui manque à la fois la capacité de lire dans l'environnement les trajectoire potentielles et la vigilance à la gestuelle d'autrui. On pourrait s'intéresser non seulement à la manière dont on apprend à produire et percevoir ces signaux, mais également à leur forme. Au-delà des amorces déjà mentionnées, je me suis rendu compte que pour indiquer que je ne suis pas sur le point de prendre mon tour, je détourne le regard de l'espace attentionnel, comme pour me retirer de cet espace. Quels autres dispositifs de prise de tour sont utilisés, et dans quelles conditions ? Que se passe-t-il lorsqu'un pratiquant ne les perçoit pas ou les ignore ? Est-ce que les mécanismes de réparation des erreurs sont les mêmes lorsqu'il s'agit d'un traceur et d'un passant ?
Plus généralement, il s'agit ici d'une (petite) contribution à l'ethnométhodologie, à savoir une description des méthodes utilisées par les traceurs pour organiser leur activité. De fait, les méthodes nécessaires à l'accomplissement de leur activité sont dans le même temps utilisées pour produire de l'ordre et pour rendre la situation descriptible, intelligible, partageable, évaluable[8]. Les pratiquants de l'analyse conversationnelle tendent à montrer que la structure en tour par tour de la conversation est la fondation sur laquelle sont bâties de nombreuses pratiques sociales. Mais le parkour n'est pas une conversation, et est pourtant organisé ainsi. Cela suggère que l'organisation en tour par tour est une solution plus fondamentale et générale que la seule conversation, et que c'est cela qui forme (en partie) le substrat ontologique du social. Je pense ici aux approches de l'ontologie sociale qui voient les solutions à des problèmes de coordination comme le fondement du social[9]. C'est une question pour un autre jour.
Terminons sur quelques limites. Le cas limite est évidemment le traceur solitaire, qui par définition n'a pas une activité en tour par tour. Il faut également remettre l'accent sur le fait que la pratique peut être discontinue. Il peut y avoir un certain papillonnement, avec des traceurs passant flexiblement d'un espace à l'autre, d'un challenge à l'autre. C'est l'équivalent d'avoir plusieurs conversations dans une pièce, et de passer d'une conversation à l'autre. Mais ce faisant, on arrive à un autre cas limite, celui où plusieurs traceurs pratiquent "en parallèle", sans espace partagé et donc sans organisation en tour par tour. Il existe aussi peut-être d'autres manières de s'organiser: par exemple, faire une course poursuite ne fonctionne pas en tour par tour. Et finalement, le modèle nous renseigne sur la forme mais pas sur le contenu du parkour (qu'un saut de chat est fait plutôt qu'un passemuraille, mettons), tout comme le modèle d'origine renseigne sur l'organisation de la conversation mais pas sur ce qui est dit.
L'organisation en tour par tour #
Voici le modèle de Sacks et al.[10] repris point par point dans les termes du parkour.
- Le changement de traceur actif est récurrent, ou du moins se produit. Chaque fois qu'un traceur termine sa tentative, avec un succès ou un échec, il se retire de l'espace pour laisser place au suivant.
- Dans la majorité des cas, un seul traceur "bouge" à la fois. Pour éviter les collisions et éviter de se retrouver bloqué par un autre pratiquant, les traceurs attendent en général que le précédent se soit retiré de l'espace.
- Des occurrences où plusieurs traceurs bougent en même temps sont communes, mais brèves. Il peut arriver qu'un traceur commence à prendre son élan pendant que le précédent sort de l'espace, ou que deux traceurs essaient de prendre leur tour en même temps.
- Les transitions (d’un tour à l’autre) sans intervalle ni chevauchement sont communes. Avec les transitions avec léger intervalle ou chevauchement, elles constituent la vaste majorité des transitions. Le plus souvent, le laps de temps entre les prises de tour sont courts (quelques secondes seulement). Il peut arriver que la transition soit plus longue, par exemple lorsqu'un pratiquant hésite sur un saut difficile.
- L’ordre des tours n’est pas fixé, mais varie. L'ordre de passage n'est pas formellement défini ni discuté. L'alternance entre les pratiquants semble aléatoire. Parfois, un pratiquant conserve son tour malgré un échec, semblant implicitement avoir le "droit" à une deuxième chance.
- La taille des tours n’est pas fixée, mais varie. Tous les pratiquants utilisant un même espace ne l'utilisent pas de la même manière. De plus, certains échouent rapidement, d'autres vont jusqu'au bout; certains vont vite, d'autres lentement; certains hésitent ou ont besoin de faire des "tests". De fait, la durée des tours est donc variable.
- La longueur du challenge n’est pas spécifiée à l’avance. Non seulement un défi n'a pas de durée temporelle prédéfinie, mais il n'est pas délimité par d'autres conditions à l'avance. Le succès d'un traceur ne signifie pas la fin du challenge puisque d'autres doivent encore essayer (pas de "winner takes all"), et celui qui a déjà réussi peut tenter de "confirmer" son succès, le rendre "propre", ajouter des contraintes ou essayer des variantes.
- Ce que les traceurs font n’est pas spécifié à l’avance. Ni les règles ni les conditions de réussite d'un challenge ne sont exhaustivement définies à l'avance, ni même implicitement partagées. Le processus reste ouvert à la redéfinition et négociation. Au fil des tentatives, les traceurs peuvent se rendre compte qu'ils avaient des interprétations différentes du challenge, peuvent expliciter et se mettre d'accord sur certaines contraintes. Ce que fait un pratiquant lors d'une tentative peut influencer la tentative du suivant; les traceurs "reprennent", "rebondissent", "ajoutent" parfois, mais pas toujours, à ce que le pratiquant précédent a fait.
- La distribution relative des tours n’est pas spécifiée à l’avance. Le biais est vers une certaine égalisation: aucun traceur ne monopolise l'espace. Mais comme dans la conversation, il y a une économie et distribution des tours. Certains ont hâte de prendre leur tour; d'autres sont un peu plus en retrait peut-être par manque d'intérêt, fatigue, timidité ou peur de l'échec. Analyser les mécanismes précis de la distribution me semble digne d'intérêt.
- Le nombre de traceurs peut varier. Il est probable qu'un trop grand groupe de traceurs dans un même espace conduit à l'éclatement en plusieurs sous-groupes, chacun avec son propre espace d'attention, tout simplement parce que l'attente devient trop longue. Hormis cette contrainte, la taille du groupe peut varier, le cas limite étant le traceur solitaire, qui sort du cadre de la pratique en tour par tour.
- La pratique peut être continue ou discontinue. Si personne ne s'autosélectionne après la tentative du précédent, il peut y avoir un long intervalle de temps qui peut être pensé comme une discontinuité du challenge. Il arrive également que des traceurs abandonnent temporairement un défi pour un autre ou pour faire une pause, quitte à y revenir plus tard (ou un autre jour).
- Des techniques d’allocation de tour sont utilisées. Un traceur actuel peut sélectionner le traceur suivant ou les traceurs peuvent s’autosélectionner. En général, il y a autosélection (un de ceux qui attend s'avance au moment d'une transition). Mais il peut arriver qu'il y ait désignation ("c'est à toi, je crois").
- Différentes unités constructionnelles de tour (UCT) sont employées. Dans une conversation, les unités sont constituées en fonction de la syntaxe, permettant d'identifier les moments propices pour faire une transition. En parkour, ces unités peuvent être un "mouvement" (un saut de chat, etc.) ou une séquence de mouvements. Il est possible pour un traceur en attente d'utiliser ces UCT pour anticiper à quel moment faire la transition: dès qu'il a terminé son saut de chat, je prend mon élan. Par contre, la marge de négociation des transitions est moindre que dans une conversation: généralement les traceurs en attente ne vont pas (volontairement) entrer dans l'espace pour abréger le tour du précédent. Si l'UCT n'est pas connue à l'avance (mettons, un traceur qui fait du "flow"), les autres attendent que le traceur actif termine et quitte l'espace pour qu'une transition ait lieu.
- Des mécanismes de réparation existent pour traiter les erreurs et violations dans la prise de tour. Des erreurs peuvent survenir: s'engager en même temps qu'un autre; occuper l'espace sans avoir remarqué qu'il y avait une organisation en tour par tour; mal anticiper la fin du tour du précédent et s'engager trop tôt... En général, cela est résolu soit par un pratiquant qui abrège son action pour laisser place à l'autre, soit par une négociation gestuelle ou verbale, de manière analogue à deux personnes qui se disputent la politesse pour passer une porte.
Pour une exception que je trouve notable et éclairante, voir Aggerholm, K., & Larsen, S. H. (2016). Parkour as acrobatics: an existential phenomenological study of movement in parkour. Qualitative Research in Sport, Exercise and Health. ↩︎
Conein, B. (2004). Cognition distribuée, groupe social et technologie cognitive. Réseaux, no 124(2), Article 2. ↩︎
Conein, B. (2004). Cognition distribuée, groupe social et technologie cognitive. Réseaux, no 124(2), Article 2. ↩︎
Sacks, H., Schegloff, E. A., & Jefferson, G. (1974). A simplest systematics for the organization of turn-taking for conversation. Language, 696–735. ↩︎
Ivarsson, J., & Greiffenhagen, C. (2015). The Organization of Turn-Taking in Pool Skate Sessions. Research on Language and Social Interaction, 48(4), Article 4. ↩︎
Goffman, Erving. (1961). Encounters : two studies in the sociology of interaction. ↩︎
Ivarsson, J., & Greiffenhagen, C. (2015). The Organization of Turn-Taking in Pool Skate Sessions. Research on Language and Social Interaction, 48(4), Article 4. ↩︎
Par exemple les rituels (essuyer les mains, frotter les chaussures), ont fonction psychologique bien connue, et est donc liée directement à l'accomplissement de l'activité. Mais c'est également un comportement observable, qui peut servir d'amorce pour une transition. Dans ce cas, les rituels servent aussi à produire l'ordre et à rendre l'ordre visible. Si j'ai raison, on peut sans doute voir la fonction d'amorce comme étant parasitaire sur la fonction psychologique. ↩︎
Lewis, D. (1969). Convention: A Philosophical Study. Wiley-Blackwell; Guala, F., & Hindriks, F. (2023). The nature and significance of social ontology. Synthese, 201(4) ↩︎
Sacks, H., Schegloff, E. A., & Jefferson, G. (1974). A simplest systematics for the organization of turn-taking for conversation. Language, 696–735. ↩︎